Un plan innovant pour lutter contre le ver de la viande : une stratégie axée sur la biologie des mouches
Un retour inquiétant : la mouche screwworm en Amérique
La mouche screwworm, un parasite charognard qui représente une menace sérieuse pour le bétail, a fait son retour aux États-Unis après une absence de 60 ans. Cette semaine, le département de l’Agriculture des États-Unis a confirmé la présence d’un screwworm nouveau monde dans un veau dans le sud du Texas.
Une menace historique pour le bétail
Éliminée des États-Unis en 1966 et de la plupart de l’Amérique centrale d’ici 2006, la réémergence récente de la mouche screwworm au Mexique a suscité des inquiétudes quant à une éventuelle incursion dans le pays. Des modèles prédisaient son arrivée dès l’été 2025, et le scénario s’est concrétisé plus rapidement que prévu. Afin d’éviter une épidémie, les autorités mettent en œuvre une méthode éprouvée : la libération massive de mouches screwworm adultes.
Le cycle de vie du screwworm
Une infection par le screwworm se produit lorsque la femelle dépose ses œufs dans des blessures ouvertes ou d’autres parties du corps d’animaux à sang chaud. À l’éclosion, les larves se nourrissent de tissus vivants avant de se transformer en mouches. En tant qu’adultes, les mouches screwworm ne mordent pas et ne se nourrissent pas de chair.
Une stratégie de contrôle biologique efficace
Dans les années 1930 et 1940, des scientifiques ont compris que pour briser le cycle de reproduction du screwworm, il fallait empêcher les femelles de se reproduire. À l’époque, les screwworms tuaient des centaines de milliers de bovins chaque année, principalement dans le sud et le sud-ouest des États-Unis. Dans les années 1950, des chercheurs du département de l’Agriculture des États-Unis ont fait une avancée majeure en appliquant des radiations aux mâles screwworms pour les rendre stériles. Lorsqu’ils sont relâchés dans une zone infestée, ces mâles stériles s’accouplent avec des femelles sauvages, produisant des œufs non viables, ce qui réduit la population.
Cette méthode, connue sous le nom de technique d’insectes stériles, a été utilisée avec succès sur l’île de Curaçao, où il a fallu seulement sept semaines pour éliminer le ravageur, sauvant ainsi les cheptels de chèvres vitaux pour l’île.
Des efforts contemporains pour contrôler la réémergence
Pour prévenir une épidémie au Texas du Sud, le département de l’Agriculture des États-Unis a établi une zone de confinement d’environ 20 kilomètres autour du veau infecté et procède à la libération ciblée de mouches screwworm stériles depuis des camions. De plus, environ 4 millions de mouches stériles sont déjà larguées par avion chaque semaine dans la région. En prévision du mouvement du screwworm vers le nord, l’agence a récemment pris des mesures pour disperser 100 millions de mouches stériles par semaine le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Une réponse proactive face à une menace sérieuse
Le secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins, a déclaré lors d’une réunion du Comité de l’Agriculture de la Chambre que bien que cette situation représente une menace sérieuse pour le bétail et la faune, elle n’a pas surpris les autorités. Actuellement, environ 400 millions de mouches par semaine sont nécessaires pour contenir le screwworm, mais les États-Unis ne peuvent en produire que 100 millions par semaine à partir d’une installation au Panama.
Une installation de mouches stériles au Mexique a fermé en 2012, mais le département de l’Agriculture des États-Unis investit 21 millions d’euros pour rénover et convertir une installation existante de mouches des fruits à Metapa, au Mexique, afin de produire entre 60 et 100 millions de mouches stériles par semaine. Cette installation devrait être opérationnelle cet été.
Une vigilance continue contre les parasites
La réémergence de la mouche screwworm souligne l’importance d’une surveillance continue et d’une réponse proactive face aux menaces parasitaires. Les efforts pour contrôler cette mouche démontrent non seulement l’innovation scientifique mais aussi la nécessité d’une coopération internationale pour protéger les ressources animales. La lutte contre le screwworm n’est pas seulement une question de santé animale, mais également une question de sécurité alimentaire et de durabilité économique pour de nombreuses communautés.


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