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Pourquoi de plus en plus de femmes célibataires choisissent-elles cette méthode controversée pour fonder une famille ?

Le doublement des couples de femmes et le triplement des femmes célibataires ayant recours à la FIV

Au cours de la dernière décennie, le paysage de la procréation médicalement assistée au Royaume-Uni a connu des changements notables. Selon les données de l’Autorité de fertilisation humaine et d’embryologie (HFEA), le nombre de couples de femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV) a doublé, tandis que le nombre de femmes célibataires a triplé. Cette tendance souligne non seulement l’évolution des structures familiales, mais également les défis persistants en matière d’accès aux soins de fertilité.

Une augmentation significative des traitements FIV

Entre 2012 et 2022, la proportion de femmes célibataires ayant recours à la FIV ou à l’insémination artificielle avec donneur est passée de 2 % à 6 %, représentant une augmentation de 1 400 à 4 800 traitements. Pour les couples de femmes, la hausse a été de 2 % à 4 %, soit de 1 300 à 3 300. En revanche, les couples hétérosexuels représentaient 89 % des traitements FIV en 2022, avec 47 000 procédures au total.

Il est intéressant de noter que les taux de réussite des traitements sont particulièrement élevés pour ces groupes. En 2022, les couples de femmes de même sexe et les femmes célibataires ont enregistré un taux de natalité par embryon de 40 % ou plus, comparé à 35 % pour les couples hétérosexuels âgés de 18 à 34 ans.

Les femmes célibataires commencent la FIV plus jeunes

Une autre observation préoccupante est l’âge moyen auquel les femmes célibataires commencent leur parcours de FIV. En 2022, cet âge était de 36 ans, soit deux ans plus jeune qu’en 2012. En comparaison, les couples hétérosexuels débutent généralement le traitement autour de 35 ans. Cette tendance pourrait indiquer une prise de conscience croissante des options de fertilité chez les femmes célibataires.

Les disparités dans le financement de la FIV par le NHS

Malgré la hausse du nombre de traitements, le financement par le NHS reste inégal. Parmi les femmes âgées de 18 à 39 ans, environ 16 % des couples de femmes de même sexe ont bénéficié d’un financement pour leur premier traitement FIV, contre 18 % pour les femmes célibataires et 52 % pour les couples hétérosexuels. Ces chiffres révèlent des inégalités préoccupantes dans l’accès aux soins.

Les variations géographiques sont également significatives. En 2022, l’Écosse avait le taux le plus élevé de cycles de FIV financés par le NHS, atteignant 78 %, contre 53 % au Pays de Galles et 45 % en Angleterre. Ces disparités soulignent l’existence d’une sorte de « lotterie postale » dans l’accès aux traitements de fertilité.

Appels à l’égalité d’accès pour tous

Julia Chain, présidente de l’HFEA, a exprimé des préoccupations concernant les taux de financement plus faibles pour les couples de femmes de même sexe et les femmes célibataires. Elle a appelé les organismes de santé à réévaluer les critères d’éligibilité pour garantir un accès équitable aux traitements de fertilité.

Sarah Lambert, responsable des politiques chez Gingerbread, une organisation caritative dédiée aux familles monoparentales, a souligné que la persistance de la discrimination à l’encontre des parents célibataires est décevante. Elle a salué les efforts de l’HFEA pour représenter et soutenir toutes les familles tout au long de leur parcours de FIV.

Simon Blake, directeur général de Stonewall, a également critiqué l’inégalité d’accès aux traitements de fertilité. Il a insisté sur la nécessité d’un changement urgent pour garantir que toutes les personnes souhaitant avoir des enfants bénéficient des mêmes options, indépendamment de leur orientation sexuelle.

Un avenir prometteur mais des défis persistants

Alors que le nombre de femmes célibataires et de couples de femmes ayant recours à la FIV continue d’augmenter, il est essentiel de s’attaquer aux inégalités persistantes en matière de financement et d’accès aux soins. Les progrès dans les taux de réussite sont encourageants, mais ils doivent être accompagnés d’une réforme systémique pour garantir que tous les groupes aient un accès égal aux traitements. Le chemin vers l’égalité en matière de fertilité est encore long, mais les voix s’élèvent pour un changement nécessaire et urgent.

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