ARFID : cette réalité troublante qui touche de plus en plus de jeunes sans qu’on s’en rende compte
ARFID : le trouble alimentaire peu connu en pleine expansion
La reconnaissance croissante du trouble alimentaire évitant/restrictif (ARFID) soulève des préoccupations majeures au sein des familles et des professionnels de santé. Ce trouble, qui touche de plus en plus d’individus, est souvent mal compris et difficile à traiter.
Qu’est-ce que l’ARFID ?
L’ARFID est caractérisé par une aversion extrême à certains aliments, que ce soit à cause de leur goût, de leur texture, de leur odeur ou même de leur apparence. De plus, il peut également être déclenché par des événements traumatisants, comme une expérience de suffocation. Ce trouble a été officiellement classé comme un trouble alimentaire en 2013, mais il demeure encore largement méconnu du grand public et des professionnels de la santé.
Contrairement à d’autres troubles alimentaires tels que l’anorexie ou la boulimie, l’ARFID n’est pas motivé par des préoccupations liées à l’image corporelle. Cependant, il peut entraîner des conséquences graves, notamment :
– Malnutrition
– Isolement social
– Anxiété significative
Les options de traitement pour l’ARFID sont encore très limitées, ce qui complique la vie de nombreux patients et de leurs familles.
Une augmentation préoccupante des cas
Les derniers chiffres de l’association Beat révèlent que les appels concernant l’ARFID représentent désormais un appel sur sept à leur ligne d’assistance, contre un sur cinquante il y a seulement cinq ans. Parmi les appels pour les enfants de moins de 16 ans, 28 % concernent ce trouble. Malgré cette augmentation, il est estimé que 80 % des services de santé spécialisés dans les troubles alimentaires en Angleterre ne clarifient pas s’ils traitent l’ARFID sur leurs sites web.
L’histoire d’Arlo
Michelle Jacques, mère d’Arlo, un garçon de cinq ans souffrant d’ARFID, témoigne des difficultés rencontrées par les familles. Arlo ne consomme que du lait et des shakes alimentaires nutritifs, n’ayant pas mangé de nourriture solide depuis des années.
Michelle explique : « Chaque porte se fermait. Je parle à de nombreuses familles à travers le pays qui se trouvent dans la même situation. Ils consultent leur médecin généraliste, qui ne sait pas ce qu’est l’ARFID. Même dans les hôpitaux, le personnel n’en a pas connaissance. La sensibilisation et le soutien font gravement défaut. »
Pour la famille d’Arlo, la vie quotidienne est profondément affectée. Ils ne peuvent pas partir en vacances ni aller au restaurant. Elle poursuit : « Nous ne lui proposons pas de nourriture. Il nous dit s’il veut du lait, et nous nous en tenons à cela. »
Le défi d’accéder à l’aide
Tom Quinn, directeur des affaires externes chez Beat, souligne l’urgence d’une meilleure sensibilisation et de ressources accrues. « C’est définitivement en augmentation, et c’est incroyable », déclare-t-il. « Beaucoup de personnes disent qu’elles ne savent pas où se tourner. Il est très difficile pour elles d’obtenir de l’aide pour leurs proches. »
Il fait également remarquer qu’il n’existe pas de directives spécifiques de la National Institute for Health and Care Excellence (NICE) concernant l’ARFID, rendant la tâche encore plus difficile pour les professionnels de santé. La NICE a reconnu qu’il existe un manque d’évidence sur lequel baser des recommandations et promet de surveiller la situation dans les deux prochaines années.
Une réponse du gouvernement
Le Département de la santé et des affaires sociales a déclaré qu’à travers son Plan de santé sur dix ans, le gouvernement s’engage à réformer le NHS. Cela inclut le recrutement de 8 500 professionnels de santé mentale supplémentaires pour adultes et enfants, ainsi que l’investissement dans des centres de soutien pour les jeunes et l’accès à un soutien en santé mentale dans toutes les écoles.
Un avenir à construire
Les familles comme celle d’Arlo continuent de naviguer dans un système qui peine à reconnaître la gravité de l’ARFID. Heureusement, même si les ressources locales sont limitées, Arlo reçoit désormais un traitement dans un hôpital londonien. Michelle conclut : « Il est maintenant probablement aussi en bonne santé qu’il ait pu l’être. Nous devons simplement accepter que l’ARFID fait maintenant partie de notre famille. »
Il est essentiel d’accroître la sensibilisation et le soutien autour de l’ARFID pour aider les familles à surmonter ce défi. L’importance d’une prise en charge adéquate ne saurait être sous-estimée. La montée des cas d’ARFID appelle à une action collective pour garantir que ceux qui souffrent de ce trouble reçoivent l’aide dont ils ont besoin.



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