Les plus grandes banques américaines renoncent à leur engagement pour atteindre la neutralité carbone : une analyse essentielle des conséquences et des alternatives
Les grandes banques américaines renoncent à leurs engagements en matière de zéro émission nette
La nécessité de la transparence pour atteindre les objectifs climatiques
Danielle Fugere, présidente et avocate en chef de l’organisation non lucrative As You Sow, souligne qu’une divulgation transparente est essentielle pour tenir les banques responsables de leurs objectifs climatiques. Elle explique que comprendre les actions des banques est crucial pour évaluer leur impact sur le changement climatique. Des lois telles que celles de Californie visent à mettre en lumière l’instabilité financière engendrée par le changement climatique alimenté par les combustibles fossiles, et, en théorie, à décourager le financement de projets qui aggraveraient cette situation.
Cependant, il est essentiel de noter que l’exigence de divulgation des émissions et des risques liés au climat ne suffira pas à empêcher les pires conséquences du réchauffement climatique. Selon un rapport emblématique de l’Agence internationale de l’énergie publié en 2021, aucun nouvel infrastructure pétrolière, gazière ou charbonnière ne peut être construite si le monde veut limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius. Patrick McCully, analyste senior de la transition énergétique chez Reclaim Finance, plaide pour que les législateurs incitent les banques à réduire leur financement des combustibles fossiles. Il déclare que ces entreprises agissent contre les intérêts de l’humanité et qu’il est impératif de les arrêter.
Défis à surmonter pour des politiques efficaces
Fajans-Turner, expert en politiques, met en garde contre les difficultés à formuler une législation de ce type qui pourrait rencontrer des défis juridiques, même dans les États les plus progressistes. Par exemple, des tentatives d’interdire le gaz naturel dans de nouvelles constructions ont été balayées par des groupes industriels.
Ann Lipton, professeure de droit des affaires à l’Université Tulane, suggère que pour limiter de nouveaux projets de combustibles fossiles, les décideurs doivent se tourner au-delà du secteur bancaire. Par exemple, exiger que les compagnies d’assurance tiennent compte des risques financiers liés au climat dans la conception de leurs polices pourrait rendre plus difficile la couverture des projets de combustibles fossiles. Elle souligne que, bien que les banques devraient éviter de financer des activités risquées, leur rôle est de financer des projets jugés prévisiblement rentables. Ainsi, c’est à la société dans son ensemble de rendre ces projets non rentables.
Stratégies pour un avenir durable
Une autre approche consiste à exiger que les banques publient un plan clair de décarbonisation. Ce plan pourrait, en théorie, servir de porte dérobée pour bloquer de nouveaux investissements dans les combustibles fossiles. Fugere note qu’un objectif de « zéro émission nette » implique que la banque prenne des mesures pour garantir qu’elle atteindra cet objectif. Si un plan mentionne une cible de « zéro émission » pour une date donnée, il doit, pour être crédible, inclure une réduction du financement des combustibles fossiles. De même, si elle prétend s’aligner sur un parcours visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, elle ne doit pas permettre l’expansion des combustibles fossiles.
Un avenir à façonner ensemble
La question de la responsabilité des banques en matière de financement des combustibles fossiles s’inscrit dans un débat plus vaste sur le rôle des institutions financières dans la lutte contre le changement climatique. La transparence est cruciale, mais elle doit être accompagnée d’actions concrètes pour réduire le soutien aux industries fossiles.
Les initiatives législatives, les engagements des banques et la pression du public peuvent contribuer à façonner un avenir plus durable. Les citoyens ont un rôle à jouer en exigeant des comptes de la part des institutions financières et en soutenant des politiques qui favorisent une économie plus verte.
- Exiger des banques qu’elles divulguent leurs émissions.
- Encourager les législateurs à prendre des mesures contre le financement des combustibles fossiles.
- Promouvoir des plans de décarbonisation clairs et vérifiables.
- Impliquer les compagnies d’assurance dans l’évaluation des risques climatiques.
Le chemin vers un avenir durable est semé d’embûches, mais la collaboration entre les acteurs publics, privés et la société civile peut ouvrir la voie à des changements significatifs. En prenant des mesures audacieuses et en restant vigilants, nous pouvons espérer un avenir où le financement ne se fait pas au détriment de notre planète.



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